L'HISTOIRE COMPLÈTE
DE LA SEIGNEURIE
DES MILLE-ÎLES EN 10 POINTS
VIII - Comment naît le boulevard Labelle en 1792
M. Lamarque est décédé en 1789. Madame Lamarque (Thérèse
de Blainville) a confié ses intérêts dans la seigneurie
de Blainville à un procureur Joseph-Hubert Lacroix, notaire à
Saint-Vincent de Paul. Il devient impérieux, pour éviter les mésententes,
de diviser la seigneurie en deux parties à peu près égales.
La seigneurie de Blainville lest effectivement. Le plan indique la ligne
de démarcation qui devient la Grande Ligne, nom pittoresque encore utilisé
pour désigner le boulevard Labelle dans Blainville, ou lancienne
route 11 ou lactuelle route 117.
Il y a précisément dans cette ligne un embryon de chemin qui relie
le secteur sud à la partie nord de la seigneurie; il met en contact direct
les censitaires de Sainte-Thérèse avec ceux de Saint-Janvier,
appelé alors le Pays-Fin, trouvaille géniale pour indiquer la
" fin du pays ", car au-delà existent linconnu, les grands
espaces et le vaste monde. Un chemin officiel, construit en 1804, porte le nom
: la Grande Ligne.
Cette carte nous reporte autour de 1800. On voit le site de léglise
de Sainte-Thérèse. La ligne fiévreuse du bas indique le
chemin de la Grande Côte. Un chemin mène de la Grande Côte
vers léglise; on lidentifie " Chemin de léglise
". Ce sont la Montée Sanche et la rue Turgeon daujourdhui.
Parallèlement à la Grande Ligne, il y a le " chemin chez
M. Hertel "; tirant son origine du Bas de Sainte-Thérèse,
aux environs de la Terrasse Dubreuil, il se dirige vers Rosemère, passe
près de léglise actuelle et aboutit à la rivière
des Mille-Îles, près du manoir seigneurial des Hertel. Ce sera
plus tard le chemin du traversier.
Le moulin, à droite en bas du plan, est celui dHertel, bâti
sur la rivière aux Chiens, près du Collège actuel du Sacré-Cur.
On pouvait encore en voir les ruines vers 1935. Le plan donne dintéressante
statistiques. Dans la Grande Côte, on trouve dun côté
33 habitants, et de lautre 30 habitants. Dans le Bas de Sainte-Thérèse
: 14 habitants.
On y mentionne " rivière Sainte-Thérèse ", nom
officiel de la petite rivière qui coupe la ville de Sainte-Thérèse,
que lon nommait aussi " rivière aux Chiens " même
en 1765. Du côté nord de la rivière (Côte Nord), 41
tenanciers, et du côté sud (Côte Sud), 35 tenanciers. Nous
croyons comprendre que le mot " tenancier " sappliquait à
tout censitaire qui nest pas encore définitivement installé
sur son lot. Le chemin de la rivière Cachée nest pas encore
ouvert vers léglise; le plan mentionne " chemin demandé
et accordé ". Le secteur groupe 18 habitants.
Plus au centre du plan, la Côte Saint-Louis compte 26 habitants et 16
tenanciers. Sur le haut de la carte, la rivière Mascouche qui traverse
le Saint-Janvier dalors, qui groupe une centaine dhabitants. Entre
les deux longues lignes verticales au centre du plan, on peut lire : "
Grande ligne entre M. Lamarque et M. Hertel
la rivière Maskouche
à aller au Cordon (sûrement la Côte Saint-Pierre où
se terminait la seigneurie).
La partie est, celle de droite sur le plan, va à M. Hertel Chambly et
à son épouse Marie-Hypolite de Blainville, qui demeurent à
Rosemère. Elle passe successivement comme on le verra plus loin au Dr
Simon Fraser, à Jacob Jordan, à William Clauss et à la
famille Morris. Le régime seigneurial est aboli en 1854.
La partie ouest, qui comprend le village et léglise, ira à
Madame Lamarque, née Thérèse de Blainville, qui demeure
à Boisbriand. Elle passe à Joseph-Hubert Lacroix, à son
fils Janvier Domptail Lacroix (origine des noms des municipalités de
Saint-Janvier de Blainville et de Saint-Janvier de Lacroix), et puis à
la famille Monk. Le régime seigneurial est aboli en 1854.
Noms donnés à la Côte Saint-Louis et à
la Montée Sainte-Marianne
Nous avons donc lorigine de lexpression la Grande Ligne, qui sépare
en deux parties la seigneurie de Blainville, devient la route importante du
temps, et par la suite le boulevard Labelle qui conduit vers nos belles Laurentides,
et puis vers le lointain Abitibi et plus récemment vers la mystérieuse
baie James. La Côte Saint-Louis emprunte son nom au prénom du seigneur
Hertel. Parce quelle coule discrète et dérobée à
la vue, la rivière Cachée ne peut guère recevoir meilleure
appellation. Quant à la Côte Sainte-Marianne, elle porte le nom
de Marie-Anne Bouate, épouse du seigneur Janvier Domptail Lacroix qui
développera le secteur.
Suivons maintenant le cheminement des deux parties de la seigneurie de Blainville
jusquà labolition du régime seigneurial, et jusquau
rachat à Sainte-Thérèse des rentes seigneuriales en 1937.