L'HISTOIRE COMPLÈTE DE LA SEIGNEURIE
DES MILLE-ÎLES EN 10 POINTS

VII - Marie-Hypolite de Blainville (1735-1810)


Quatre ans plus jeune que sa sœur Thérèse, elle a une existence beaucoup plus effacée. À la mort de sa mère en 1769, elle hérite, à l’instar de sa sœur, de la seigneurie de Blainville, et laisse à son mari, Louis-Hughes Hertel de Chambly (1731-1817), qu’elle a épousé à Laprairie le 10 octobre 1757, le soin des affaires, d’autant plus qu’il devient officiellement seigneur de Blainville.

Hertel de Chambly, issu de la plus pure noblesse de France, est de la quatrième génération des Hertel au Canada. Son ancêtre Jacques Hertel vient au pays dès 1615 comme interprète et militaire, et détient le titre de premier notable de la Mauricie. Son fils François Hertel, le héros trifluvien, s’illustre particulièrement dans la campagne militaire du New-Hampshire, et lors du siège de Québec par Phipps en 1690. Il épouse à Montréal en 1664 Marguerite de Chauvenet, compagne de Madame de la Pelleterie dans l’œuvre de l’éducation des jeunes indiennes. Comme Marguerite de Chauvenet est l’héritière du capitaine de Chambly, la seigneurie de Chambly passe à la famille Hertel.

De ce mariage naissent quinze enfants, dont Louis qui épousera Marie-Catherine D’Ailleboust, descendante de la noble famille du troisième gouverneur de la Nouvelle-France. Louis-Hughes Hertel de Chambly naît de cette alliance en 1731.

Manoir des Hertel près du pont de Rosemère

Seigneur de Blainville, Hertel ne peut toutefois s’occuper de la seigneurie de Blainville avant 1778. Il vend alors tous ses droits dans celle de Chambly, se fixe définitivement à Blainville, construit son manoir seigneurial à Rosemère tout près du pont du Pacifique Canadien, sur une terre que pendant quarante ans il exploitera.

La vie de M. Hertel est très active, et les concessions se font nombreuses dans le secteur de Rosemère, du Bas de la Grande Côte, du Bas de Sainte-Thérèse, alors que les Lamarque font du travail rentable dans le Haut de la Grande Côte, la rivière Cachée, les Côtes Nord et Sud et sur la rivière Marie-Thérèse (rivière aux Chiens). Jusqu’en 1792, qui marque la division du territoire, la seigneurie de Blainville est indivise; les concessions sont donc faites par les deux seigneurs conjointement ou bien par l’un ou l’autre des deux. C’est généralement M. Lamarque qui les signe, mais Madame Lamarque tient à sa liberté d’action et en 1778 se fait donner par son mari une procuration dont le texte indique clairement son tempérament autoritaire et dominateur : " Je donne plain pouvoir à mon épouse d’agir pour moy dans toutes les affaires qui se présenteront, l’autorisant pour ce. Le 28 février 1778. Signé : JM.N. Lamarque ".

Les deux seigneurs Lamarque et Hertel, de même que leurs épouses, tiennent à une paroisse et à une église dans la seigneurie de Blainville. La première, Thérèse de Blainville les réclame. Alors que les Lamarque veulent l’église dans le Haut de la Grande Côte, les Hertel la désirent à Rosemère, mais conjointement ils s’opposent à un site à l’intérieur des terres comme le veut l’évêque, projet auquel ils se soumettent cependant en 1789.

Madame Lamarque (Thérèse de Blainville) ayant nommé un procureur d’administration, il devient nécessaire de diviser la seigneurie des Blainville en deux parties. Nous voulons dire un mot de cette division survenue en 1792, et reviendrons aux Hertel dans le chapitre qui suit.
Thérèse.

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