L'HISTOIRE COMPLÈTE DE LA SEIGNEURIE DES MILLE-ÎLES EN 10 POINTS
DuGué a sept enfants dont trois fils qui se sont illustrés de
façon remarquable sur le plan militaire : leurs noms apparaissent dans
les dictionnaires canadiens et dans la grande histoire de notre pays.
Jacques Dugué : Sur celui-ci les détails manquent. Il est militaire,
comme son père et comme ses deux frères, Jean-Sidrac et Pierre
DuGué de Boisbriand. Ce dernier porte le titre de son père "
Sieur de Boisbriand " comme sa sur Marie-Thérèse DuGué
qui, étant laînée des filles, signe : Marie-Thérèse
DuGué de Boisbriand.
Jean Sidrac DuGué : Il est né à Montréal en 1670.
Il sillustre avec DIberville, à Terre-Neuve, à la
Baie dHudson et en Louisiane. En 1697, à 27 ans, il commande les
marins du " Profond ", lun des cinq navires de lescadre
française chargée de conquérir la baie dHudson. Le
combat tenu le 26 août est tout simplement épique, et les trois
vaisseaux anglais, après dix heures dune lutte acharnée,
doivent retraiter. Ce fait darmes est écrit dans lhistoire
de notre pays.
À ce moment, la France défend le territoire canadien contre lAngleterre
qui tente de loccuper et doccuper le territoire des États-Unis.
Les DuGué oeuvrent donc militairement, non seulement au centre du pays,
mais plantent le drapeau français dans la vallée de lOhio,
sur les rives du Mississipi et dans la lointaine Louisiane.
On retrouve même Jean Sidrac DuGué dans le Golfe du Mexique. Il
passe en France, se fixe à Rochefort où il meurt en 1712 à
lâge de 42 ans. Dès 1706, il avait légué à
sa sur et à son beau-frère Gaspard Piot de Langloiserie
les intérêts quil avait dans lîle Sainte-Thérèse.
Pierre DuGué de Boisbriand (1675-1736) : Cest le fils le plus illustre
de Michel-Sidrac DuGué de Boisbriand. Il porte le titre de " Boisbriand
" . Il est plus petit que ses frères, il est même difforme
dune épaule, mais il a de ses frères la bravoure et lintelligence.
Il est reconnu dans larmée comme diplomate hors pair et linguiste
consommé. Cest ainsi quen 1718, lors dune ambassade
chez les Illinois, dans le voisinage du Chicago moderne, il négocie avec
succès avec les chefs de la nation illinoise, et il les rattache à
la cause des Français. Il crée des postes où le drapeau
de la France flottera; ces nations indiennes deviendront les alliés et
les amis de la France dalors.
Cest dans la vallée du Mississipi quil sert particulièrement;
en 1724, il devient à la Nouvelle Orléans, le gouverneur intérimaire
de la Louisiane. Pensionné de lÉtat, il retourne en France
dès 1730. Il y meurt en 1736, à lâge de 61 ans.
Jeanne et Élisabeth sont religieuses à lHôtel-Dieu
de Montréal. Elles meurent toutes deux à quelques jours dintervalle
en 1734, emportées par la peste dont les passagers du navire royal ont
été atteints; en les soignant, elles contractent le fatal virus.
Marie-Charlotte-Élisabeth DuGué (1683-1731), née à
lîle Sainte-Thérèse. Elle épouse à Québec
en 1706 Jean Petit, trésorier de la marine. Elle décèdera
en mer en 1731 au retour dun voyage en France.
Marie-Thérèse DuGué de Boisbriand (1671-1744), née
à Montréal. Elle épouse en 1691 Charles Piot de Langloiserie,
un brillant militaire.
Les deux surs et les deux beaux-frères se voient concéder
en 1714 le territoire des Mille-Îles, celui de leur père et beau-père,
revenu à la couronne parce que pendant 26 ans aucun travail de colonisation
ny a été effectué. Le territoire est vierge comme
en 1683; les autorités qui veulent honorer la mémoire et la famille
de Michel-Sidrac DuGué et récompenser deux militaires chevronnés,
comptent sur lessor du territoire.
Pour le rendre plus imposant, il est porté sur le front de la rivière
de trois lieues à quatre lieues et demie, avec toujours trois lieues
en profondeur. Le fief des Mille-Îles sétend donc alors au-delà
du Saint-Eustache daujourdhui.
Formation du secteur de Saint-Eustache
En 1718, les deux surs divisent le fief en deux parties. Madame de Langloiserie,
veuve depuis 1715, prend la partie est de la seigneurie, celle qui va de Bois-des-Filion
aux limites actuelles de Boisbriand et de Saint-Eustache. Jean Petit et son
épouse prennent le secteur de Saint-Eustache.
De ces derniers, nous devons dire un mot. La fille aînée du couple
Petit, qui se nomme Charlotte-Louise Petit, épousera Eustache-Louis-Lambert
Dumont (doù Saint-Eustache tire son nom). Leur fils Eustache Dumont
a un fils et une fille. La fille, Marie-Elvire Dumont, épouse Pierre
Laviolette vers 1822. Le fils, Charles Louis-Lambert Dumont, né en 1806,
a de son mariage avec Mlle Roy-Bush, une fille Virginie Marguerite, qui épouse
en 1854 Charles-Auguste Globensky, de Saint-Eustache. Louise Angélique
Dumont, sur de Eustache Dumont fils, épousait en 1793, Antoine
de Bellefeuille. Pour les anciens, de Bellefeuille, Laviolette et Globensky
sont des noms familiers dans la région à cause de la seigneurie
Dumont, largement prolongée à larrière des terres
jusquà Saint-Jérôme (continuations des Mille-Îles).