Jean-Baptiste Migneault


En 1956, la 1ère avenue du boulevard Desjardins, est nommée " rue Migneault " en l’honneur de Joseph-Jean-Baptiste Migneault, 13e curé de Sainte-Thérèse de 1925 à 1935. C’est sous son administration qu’est construit le presbytère actuel. Située entre les rues Saint-Alphonse et Lonergan, la rue Migneault prend naissance sur le boulevard Desjardins est.

M. Migneault naît à Chrysler, Ontario, le 24 décembre 1874 du mariage du docteur P.Zoël Migneault et de Marie-Louise Lachaîne (fille du docteur Joseph-Benjamin Lachaîne et de Virginie Delauney); il est donc le petit-fils du 4e maire de Sainte-Thérèse. Il fait ses études à Sainte-Thérèse (sa famille demeure alors à Saint-Augustin), est ordonné prêtre par Mgr Paul Bruchési en mai 1899, étudie deux ans à Rome, et de 1900 à 1914 est professeur de sciences au Séminaire de Sainte-Thérèse. Nommé curé de Saint-Lambert en 1914, il dirige cette paroisse jusqu’en 1925, année de sa nomination à Sainte-Thérèse qu’il connaît déjà.

Pendant son professorat au séminaire, l’abbé Migneault est en évidence. Reconnu comme l’un des naturalistes les plus distingués du Québec, il organise l’enseignement des sciences, et fonde le musée du séminaire, rapidement enrichi par les superbes collections de papillons et d’insectes qu’il a lui-même montées. Dans cette période où le séminaire cède la place au Collège Lionel-Groulx en 1967, la collection va quelque part à Montréal, et fait l’admiration de d’autres.

Sous l’administration de M. Migneault est construit en 1925 le presbytère actuel, sur l’emplacement du premier cimetière. Des paroissiens se souviennent que, lors des travaux d’excavation, de nombreux ossements furent ramenés à fleur de sol et inhumés quotidiennement dans le cimetière paroissial.

Dans le presbytère où s’étalent ses collections, l’abbé Migneault se plait à les montrer à ses paroissiens. Grand amant des fleurs et des plantes, il en veut partout autour de lui, et la magnifique serre qu’il fait construire sur le côté nord du presbytère (serre aujourd’hui disparue), et dans laquelle il cultive avec amour plantes et fleurs de tous genres, devient son endroit de repos privilégié.

Très austère d’allure et d’apparence froid et même glacial, M. Migneault a toutefois un grand coeur. Depuis des années, ce prêtre est malade. Il est atteint d’un mal qui ne pardonne pas, et les interventions chirurgicales sont venues trop tard. Il mène une existence si misérable qu’il en a perdu même le sourire. En 1935, il demande d’être relevé, habite le Mont Saint-Antoine où il tient à exercer un modeste ministère et se retire à Saint-Eustache en 1943 où il décède cinq ans plus tard le 14 décembre 1948.

Un imposant cortège accompagnera la dépouille mortelle de l’église de Saint-Eustache à celle de Sainte-Thérèse dans laquelle aura lieu le 16 décembre 1948 le service funèbre chanté par Mgr Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal, assisté à l’autel par le chanoine Philippe Chartrand depuis 1945 curé de Sainte-Thérèse, le chanoine Zénon Alarie, l’abbé Louis-Joseph Rodrigue, supérieur du séminaire, les abbés Edmond Labelle, curé de Sainte-Elizabeth du Portugal, et Hubert Julien, procureur du séminaire.

Les restes du 13e curé de Sainte-Thérèse, déposés dans le cimetière des prêtres du séminaire, sont transférés dans notre cimetière en octobre 1969.

Extraits de " Les 18 premiers curés de Sainte-Thérèse ", 1978
par Lionel Bertrand

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