L'HISTOIRE DE LA SEIGNEURIE DE TERREBONNE EN 8 POINTS

I - Le peuplement des Basses-Laurentides

Le peuplement des Basses-Laurentides commence sous le régime français. À cette époque, c’est le système seigneurial qui constitue le mode de concession des terres. La seigneurie est une grande portion de territoire concédée à un individu (le seigneur). Celui-ci, après s’être choisi une terre (le domaine seigneurial) a l’obligation de subdiviser sa seigneurie en lots pour ensuite les concéder à des colons (censitaires). En retour, un des devoirs du censitaire est de payer au seigneur les rentes annuelles.

Dans la région, quatre seigneuries sont concédées à la fin du 17e siècle : Terrebonne (en 1673), Argenteuil (en 1682), Mille-Îles (en 1683) et Deux-Montagnes (en 1717). Toutefois, le peuplement du territoire ne débutera véritablement que durant la première moitié du 18e siècle.

D’abord, la colonisation s’effectue le long de la rivière des Mille-Îles. À l’est, la seigneurie de Terrebonne accueille ses premiers occupants au tout début de 1700. Ensuite, vers 1740, la seigneurie des Mille-Îles reçoit ses premiers censitaires dans le secteur de l’actuelle ville de Rosemère. Un peu plus tard, vers 1749, des colons s’installent encore plus à l’ouest, à l’embouchure de la rivière du Chêne (Saint-Eustache). À la fin du 18e siècle, il semble que toutes les terres longeant la rivière des Mille-Îles, entre Saint-Eustache et Terrebonne, sont occupées.

Ces premières décennies du peuplement des Basses-Laurentides se caractérisent par l’implantation d’une agriculture de subsistance. Entre 1750 et 1830, la commercialisation du blé semble améliorer les conditions de vie des habitants. Mais durant la première moitié du 19e siècle, commence dans le Bas-Canada (le Québec de l’époque), une crise agricole. Dans les Basses-Laurentides, notamment, le rendement des terres diminue et la culture du blé, particulièrement, essuie de durs échecs. Alors les conditions de vie de la population se détériorent.

De plus, le territoire devient surpeuplé et les terres sont trop subdivisées, ce qui rend difficile l’établissement des nouvelles générations. On assiste à une émigration vers les États-Unis, l’Ouest Canadien et, par les efforts du curé Labelle, à la colonisation des Laurentides à la fin du XIXe siècle.

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