IV -Arrivée du curé Charles-Joseph Ducharme en 1816


1816 :
Arrivée du 6e curé : M. Charles-Joseph Ducharme. Il a 30 ans. Il n’y a pas d’école…
La population est pauvre…et surtout très divisée. Les familles proviennent de tous les coins. Elles n’ont pas de véritables racines dans le milieu. Elles sont étrangères les unes aux autres. D’où de profonds désordres.

1819 :
Les relations du seigneur Janvier Lacroix avec le curé Charles Ducharme (extraits du livre " Sainte-Thérèse de Blainville 1789-1939 ").

Le seigneur Joseph-Hubert Lacroix décède en 1818, et la partie ouest de la seigneurie de Blainville échoit à tous ses enfants, selon la teneur du testament olographe de la seigneuresse Thérèse de Blainville. Le curé Ducharme rend les honneurs seigneuriaux à Paul Lacroix dans l’église paroissiale. Ce dernier était capitaine de milice, et jouissait d’une influence assez considérable à Sainte-Thérèse; les capitaines de milice étaient des intermédiaires entre le pouvoir et le peuple depuis la domination anglaise.

Au mois de mars 1819, son frère Janvier-Domptail Lacroix arrive à Sainte-Thérèse en coup de vent, au moulin Lacroix, pour y percevoir toutes les redevances dues à son défunt père. Le dimanche suivant, juste avant la grand’messe, il fit savoir au curé qu’il était le nouveau seigneur de Blainville et qu’il exigeait tous les honneurs dus à son rang. Janvier-Domptail déformait l’orthographe de son nom maternel Dontaille, et tout cela sent l’anglomanie, le péché national de notre aristocratie au début du XIXe siècle.

Ces honneurs étaient les suivants : on présentait l’eau bénite au seigneur à son banc seigneurial et au prône le curé demandait des prières pour le châtelain et sa dame.

Ce fut un dimanche peu banal. Monsieur Ducharme craignait-il de se compromettre?…Il supprima le prône, ce qui ne fit guère plaisir au nouveau maître.

Ce n’est pas tout. A Sainte-Thérèse comme à Saint-Vincent-de-Paul, tout le monde restait à genoux depuis le sanctus jusqu’à la communion, conformément au rituel de Mgr de Saint-Valier. Dès son arrivée en 1816, monsieur Ducharme avait chargé les marguilliers de faire observer cet usage. Or, ce dimanche de mars 1819, après l’élévation, le Sieur Domptail seul se trouva debout dans l’église paroissiale. Le marguillier en charge, Martin Gratton (grand-père du sculpteur térésien Olindo Gratton) avec la force de caractère qu’on lui connaît, se transporta au banc seigneurial pour faire observer le rituel. Le seigneur lui répondit à haute voix qu’il savait ce qu’il avait à faire. Puis, l’office terminé, il sortit de l’église, chápeau sur la tête et maugréant des injures.

Pendant deux ou trois ans, le curé et le marguillier furent menacés d’un procès retentissant devant la justice de Montréal, pour crime de lèse-majesté. L’affaire s’éteignit un beau matin, quand la bonne humeur revint au Sieur Janvier Lacroix. Ce fut le notaire Augustin Châtelier, ennemi déclaré du curé, qui avait servi d’intermédiaire entre Lacroix et Ducharme, invitant ceux-ci à dîner chez lui, alors qu’il avait traité le curé durant le conflit comme un homme insupportable.

1821 :
Construction du 2e presbytère en pierre des champs. M. Ducharme remplace le presbytère-chapelle. Sur le même site. Il sert de résidence au curé jusqu’en 1849.

1824 :
Le curé Charles-Joseph Ducharme achète une terre de Jean-Baptiste Rochon. La maison de ferme en bois de 35 pieds de long sur 25 pieds de large sert de logement à son fermier, qu’il convertit en école primaire française.

1824 :
Vers cette date, apparaissent les six chandeliers en bois sculpté, près de l’autel majeur actuel et le chandelier pascal. Ils auraient été sauvés au début de l’incendie de la première église en 1885.

1825 :
Début du Petit Séminaire de Sainte-Thérèse dans le presbytère avec six élèves dont cinq de Sainte-Thérèse et un de Saint-Eustache.

1825 : Les principales industries du siècle : les distilleries de Porteous et son magasin, face à l’église.

1830 :
Premier orgue au coût de $3,000

1832 :
Le curé Ducharme fait ériger des croix dans les rangs et va les bénir solennellement. Aujourd’hui, il existe encore sept croix aux endroits suivants :

1) 3900, chemin de la Rivière Cachée, Boisbriand
2) 11050, montée Sainte-Marianne, Mirabel (Boisbriand)
3) 240, chemin Bas Ste-Thérèse, Blainville
4) 20404, Côte Nord, Mirabel (Boisbriand)
5) 146, Côte Sud, Boisbriand
6) La croix du chemin est sur le toit de l’église Sainte-Françoise Cabrini, à Rosemère (autrefois devant la résidence d’Adélard Labelle au 313, Grande Côte, tout à côté de l’église)
7) 309, chemin Adolphe-Chapleau, Bois-des-Filion

1834 : Ornementation de l’église. Elle accueille sept tableaux du peintre Dulongpré.

1834 :
Importantes modifications à l’église : allongement de 30 pieds; enlèvement du clocher; construction d’un
portail et de deux tours en pierre taillée.

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