VI -Incendie de l’église en 1885


1885 :
L’église de la paroisse Sainte-Thérèse, construite en 1807, est incendiée le 6 janvier, à 6 heures 45 du matin alors que le vicaire J.O. Labonté est au confessionnal dans la sacristie. Le feu prend naissance où le tuyau du poêle traverse le plafond. Les flammes se propagent avec une rapidité incroyable. Le curé Charlebois déjà à l’autel, interrompt sa messe au sanctus et sauve les saintes espèces. La pompe à vapeur municipale ne peut faire mieux, devant l’intensité du brasier, que de protéger le couvent et la distillerie Douglass. A 8 heures 30, le toit de l’église s’abîme dans les flammes. La charpente intérieure des tours résiste avec une obstination visible; les cloches ne tombent qu’à 10 heures. On sauve de l’incendie de 1885 quelques vases sacrés, des ornements sacerdotaux, les chandeliers des autels, et une statue de la Vierge encore conservée. L’ensemble était assuré pour $52,000.

1885 :
La statue de la Vierge est retrouvée intacte dans les décombres. Elle était de carton pressé et avait été fabriquée dans l’atelier des Sœurs Grises de Montréal en 1845. Elle fut donnée à la paroisse Ste-Thérèse par M. Billaudèle, p.s.s., supérieur provincial des Sulpiciens. Cette statue est encore dans l’église à l’autel de la Vierge, transept sud.

1885 :
Une chapelle temporaire est construite sur le site des deux anciens presbytères. Cette construction durera moins de trois semaines, soit du 11 janvier à la fin de janvier. Elle a coûté $1,500. Après l’ouverture de l’église, on l’a vendue pour récupération des matériaux.

1885 : Début de la construction de la nouvelle église le 25 octobre.

1885 :

Un nouveau cimetière est ouvert. C’est le troisième depuis 1789. C’est le cimetière actuel à l’extrémité de la rue Coursol. On le surnommait au début le coteau de Jérémie. Le terrain avait été vendu par Jérémie Deschambault. Ce cimetière régional important mesure 54,910 mètres carrés dans l’ancienne partie et 18,537 mètres carrés dans la nouvelle partie, et compte 2,409 lots.

1886 : Une chapelle en bois est érigée dans le nouveau cimetière au coût de $1,654.39.

1886 :
Le téléphone relie Sainte-Thérèse à Montréal, grâce à l’invention d’un jeune Écossais de Brantford, Ontario, Alexander Graham Bell.

1887 :
La nouvelle église est remise à la paroisse par les syndics le 4 décembre. Elle fut ouverte au culte le jour de Noël. La longueur de cette église est de 192 pieds, sa largeur de 82 pieds, et sa hauteur de 75 pieds. La flèche de son clocher est à 225 pieds au dessus du perron et la croix au sommet de la flèche du clocher a une longueur de 20 pieds La croix qui domine le clocher mesure 20 pieds (6 m); elle est l’œuvre d’un marguillier du temps, le forgeron Joseph Filion. C’est un ensemble imposant et équilibré; les verrières sont impressionnantes et la sacristie possède de belles boiseries. Capacité totale des personnes assises : 2,044. Les architectes sont Perrault et Mesnard.

La chaire, le baldaquin et le grand lustre sont installés dans l’église ainsi qu’un paratonnerre et une échelle sur la toiture. La petite galerie du niveau supérieur, emprunte sa forme aux galeries des cathédrales européennes, que l’on appelle " galerie des lépreux ". Au moyen-âge, une galerie surélevée était aménagée pour permettre aux malades d’assister à la messe. Dans notre église, c’est tout simplement un élément de décoration.

1888 :

Bénédiction de trois nouvelles cloches au coût de $2,500 (maison Chanteloup, de Montréal). L’orgue Eusèbe Brodeur, de Saint-Hyacinthe, est installé, au coût de $6,000, avec 32 jeux.

1888 :

L’oratoire en pierre de style gothique, dédié à Saint-Joseph, est bâti en face du Séminaire de Sainte-Thérèse. Il deviendra le tombeau du curé Ducharme, son fondateur.

1888 :
Jean Roux, qui exploitait près de la rivière-aux-Chiens un commerce de carrossier sur la rue Roux, installa dans son moulin-scierie une dynamo pour fournir l’électricité, la seconde en usage dans la province de Québec après Montréal.

1889 :
Consécration de l’église le 4 juin par Mgr Fabre, archevêque de Montréal. À cette date, l’église était entièrement payée puisque c’est une condition pour sa consécration. Le curé Augustin Charlebois écrivait que cette église avait coûté $100,000, incluant le mobilier, l’orgue et les cloches. On avait retiré $45,000 des assurances après l’incendie de la première église.

1889 : L’Hospice Drapeau est fondé.

1889 :
La première industrie s’implante à Sainte-Thérèse. C’est une usine de pianos mise sur pied par Thomas Foisy (1889-1891). Voici les autres usines de piano qui s’installèrent chez nous : Lesage & Piché (1892-1904) qui prend la relève des pianos Foisy; Senécal & Quidoz (1901-jusque vers 1963); Pianos Lesage (1904-1986), dans le domaine du piano depuis 1891 avec le syndicat des employés de Foisy, puis avec la compagnie Willis; Cie de Pianos Willis (1907-1978), déjà en opération à Montréal depuis 1871; Pianos J.A. Laurin (1919-1921); Cie de Pianos Coloniale (1921-1926).

1890 :
L’électricité remplace les lampes de rues éclairant au pétrole; le séminaire de Sainte-Thérèse, quelques établissements commerciaux et maisons privées commencent à utiliser l’électricité produite par Jean Roux.

1891 :
Arrivée des Frères de Saint-Gabriel dans l’école de la rue Saint-Lambert. On comptait aussi des écoles de rangs dans le territoire de la Paroisse Sainte-Thérèse-de-Blainville : Grande Ligne, Côte Saint-Louis Est, chemin du Bas Sainte-Thérèse, chemin de la rivière Cachée, haut de la Grande Côte, bas de la Grande Côte, Rang Sainte-Marianne.

1892 : Arrivée des Sœurs de la Providence pour diriger l’Hospice Drapeau.

1892 : Arrivée du 10e curé. M. Arthur Vaillancourt. Il a 35 ans.

1898 :
Bénédiction de la chapelle du Séminaire de Sainte-Thérèse le 8 novembre; la chapelle compte 10 oratoires avec chacune une statue patronale, œuvres du sculpteur Olindo Gratton. Une salle académique est érigée, pouvant contenir 1000 personnes.

1899 : Érection du chemin de croix au cimetière de Sainte-Thérèse.

1906 : L’église est électrifiée.

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