L'HISTOIRE COMPLÈTE
DE LA SEIGNEURIE
DES MILLE-ÎLES EN 10 POINTS
I - Colonisation et régime seigneurial
Une vue densemble
En 1534, Jacques Cartier plante une croix à Gaspé, et prend possession
du territoire au nom du roi de France.
En 1608, Samuel de Champlain, surnommé le Père de la Nouvelle-France,
fonde la ville de Québec.
En 1634, le sieur de Laviolette fonde celle de Trois-Rivières.
En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonde Ville-Marie, le Montréal
daujourdhui. Depuis le début du siècle, la France
envoie militaires, missionnaires, explorateurs et colonisateurs. Ce vaste pays,
elle veut le garder, le développer et en faire lune de ses colonies
puissantes doutre-mer.
En 1665 arrive à Ville-Marie, un militaire de carrière, Michel-Sidrac
DuGué de Boisbriand. Ses précieux services lui valent en 1672
la concession de lîle Sainte-Thérèse, dans le fleuve
Saint-Laurent, près de Varennes, où il sétablit définitivement.
En 1683, en reconnaissance de ses services militaires, la seigneurie des Mille-Îles
lui est accordée : cest le territoire sur lequel nous vivons.
Ces quelques notes nous placent dans un premier contexte historique : celles
qui suivent font lhistorique du régime seigneurial à Sainte-Thérèse,
et permettent aux lecteurs, dès le départ, une vue densemble
sur les diverses étapes de lhistoire térésienne.
Michel-Sidrac DuGué, sieur de Boisbriand, obtient du roi de France en
1683 le territoire du Sainte-Thérèse métropolitain daujourdhui.
Militaire, il na guère le temps de lexploiter. Il décède
en 1688. On voit immédiatement doù la ville de Boisbriand
tire son nom.
En 1714, le fief passe à sa fille Marie-Thérèse DuGué
de Boisbriand, qui a épousé le militaire M. Piot de Langloiserie.
Cest la fondatrice ; elle fait les premières concessions en 1740.
Les Langloiserie ont une fille, Suzanne de Langloiserie, qui épouse en
1730 Jean-Baptiste Céloron de Blainville, un brillant militaire.
M. de Blainville meurt à la guerre en 1756. Madame de Blainville administre
la seigneurie, devenue la seigneurie de Blainville; elle décède
en 1769.
Les de Blainville ont deux filles.
Marie-Anne Thérèse de Blainville, qui devient en 1770 Madame Nolan
Lamarque; depuis 1768, elle agit par procuration au nom de sa mère.
Marie-Hypolite de Blainville, qui épouse en 1757 Louis Hertel de Chambly.
Elles administrent conjointement la seigneurie divisée en 1792 en deux
parties presque égales. La ligne de démarcation sera le chemin
baptisé la Grande Ligne (le boulevard Labelle actuel, route 117)
La partie ouest va à Madame Lamarque (Thérèse de Blainville);
elle passe en 1804 à Joseph-Hubert Lacroix, député dEffingham
de 1792 à 1796, qui devient alors seigneur de Blainville, puis en 1819
à son fils Janvier-Domptail Lacroix, et en 1846 à la famille Monk
qui nous quitte à la fin du 19e siècle.
La partie est, soit celle de Madame Hertel de Chambly (Hypolite de Blainville)
passe successivement à Simon Fraser, Jacob Jordan, député
dEffingham (ou Terrebonne) de 1792 à 1796, puis à William
Clauss, et en 1861 à la famille Morris qui devient propriétaire
des rentes seigneuriales.
Ce résumé semble important. Viennent maintenant les détails.